c'est le titre du dernier livre que j'ai lu ! Je l'ai fini pendant mes vacances en Normandie !

mantoinette Marie-Antoinette d'Antonia Fraser.
C'est une biographie de la dernière reine célèbre de l'histoire de France. J'avais vu le film de Sofia Coppola lorsqu'il était sorti et je l'avais beaucoup aimé : le mélange de musique contemporaine et de décors historiques, la manière de filmer... Du coup, j'ai eu envie de plonger dans le livre qui avait inspiré la réalisatrice. En fait d'inspiration, je pense que c'est la simple lecture de cette bio qui a eu un effet déclencheur pour le film, car il s'agit d'une biographie tout à fait traditionnelle dans son traitement.
Par contre, c'est très joliment écrit, et ce n'est pas du tout pesant, bien que ce soit extrêmement documenté ( les multiples renvois, à chaque page, en direction des sources, l'attestent ).
On re-découvre l'histoire de cette princesse devenue reine de France, car souvent, l'image qu'on en a est marquée par sa réputation sulfureuse et négative, créée au moment de la pré-Révolution, et exacerbée pendant la Révolution.
C'était une femme évidemment attachée à la société d'Ancien Régime, mais non pas par morgue et méchanceté, mais parce que, pour elle, le monde avait toujours été ainsi. Pour autant, elle était généreuse et souhaitait faire le bien autour d'elle. C'était une mère dévouée et soucieuse que ses enfants soient respectueux envers les autres, y compris envers ceux qui les servaient. Elle-même traitait très bien les gens non-nobles, attachés à son service. D'ailleurs, je serais curieuse de lire les mémoires de Madame Campan.
Sa relation avec le roi, même si elle était difficile et tendue dans les premières années de leur mariage, alors que celui-ci n'était pas consommé, s'est transformée en tendresse et attachement sincère. Lors des événements de la Révolution, elle avait à coeur de rester à ses côtés pour le soutenir, voire le protéger. Elle considérait cela comme son premier devoir. Pourtant, on lui a conseillé tant de fois de fuir, pour protéger sa personne, mise en danger à de multiples reprises, alors que celle du Roi ne l'était pas.
Si elle était dépensière, c'est oublier un peu trop vite que les autres reines l'avaient été avant elle ! Elle ne faisait que suivre un mode de vie qu'on lui avait demandé de suivre. Et pourtant, connaissant les difficultés financières du royaume, elle et Louis XVI ont eu le soucis de faire diminuer leurs dépenses.
Si elle a subi autant les attaques, c'est que Louis XVI n'a pas pris de maîtresses, généralement fusibles qui servaient de bouc-émissaires en cas de crise dans le royaume...
Enfin, sa pseudo vie sexuelle débridée et multiple n'est que pure invention. Son seul amant a été Fersen, mais leur relation ressemblait plutôt à de l'amour courtois, même si on a des preuves qu'ils ont eu des relations charnelles à quelques reprises.
Bref, c'est une femme qui suscite l'intérêt et la compassion. Ce n'était pas un monstre, loin de là... Ceci dit Antonia Fraser prend soin de préciser que cette Reine peut être perçue, encore actuellement, de façon négative, car certaines de ses postures ont été mal interprétées... Ses efforts pour rester toujours maîtresse d'elle-même et courageuse étaient vus comme du mépris et de la haine...
Vous avez compris que j'ai aimé cette biographie, moi qui aime l'histoire ( je serai, d'ailleurs, ce soir devant mon écran de télé, pour "Secrets d'Histoire" présenté par Stéphane Bern ! ). J'ai même, en réserve, une série de romans historiques offerte par mon Papa, féru d'histoire et lecteur de grandes fresques. Son plaisir est de retrouver, dans le roman, les vrais personnages historiques, et de vérifier ce qui est de l'ordre de la réalité et de l'ordre de la fiction !

Voilà, ma petite chronique est terminée... Je vais voguer vers d'autres plaisirs littéraires !!!!!!